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Le drame du Port de Laverré

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  Aujourd'hui, j'ai envie de vous raconter l'histoire de Jean Ferré (1731-1785), ancêtre de Sylvain et Florian, et aussi de Line et Marie, à la huitième génération, par leur ascendance Renault. Jean Ferré est né à Vivonne le 30 janvier 1731. Il est le fils aîné de Michel Ferré et Anne Renaudière. Vous vous rappelez Michel Ferré, le voiturier que je vous ai présenté le mois dernier dans mon article V comme... Voiturier . Mais la famille Ferré n'était pas vraiment une famille de voituriers (Michel était une exception), elle était plutôt une famille de meuniers : Le grand-père de Jean (le père de Michel) était meunier du moulin de Bapteresse à proximité de Château-Larcher, et son oncle Jean Ferré avait repris aussi la charge de ce moulin de Bapteresse. Son oncle Louis Ferré était le meunier du moulin de Boiscoutant à Vivonne, sur le Clain, sa tante Catherine avait épousé Jacques Villeneuve, le meunier du Moulin Neuf de Champagné-Saint-Hilaire. Il n'y avait guère ...
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  Z comme... Zou !, on termine avec le Charbonnier   En cette belle matinée de l'été 1760, Louis Dupuy quitta sa chaumine du hameau de Chanteloup, dans la paroisse de Mazerolles. Le soleil d’été envahissait le chemin entre les haies vives du chemin de la Tuilerie. Sur son dos, il portait sa hache, son grattoir, et un sac de toile contenant une miche de pain, quelques navets cuits, quelques oignons et une outre d’eau claire. Aujourd’hui, comme tous les jours de la saison, il devait rejoindre les bois de la Contrie, là où s’élevait sa grande meule qu’il surveillait depuis déjà quatre jours. Louis était charbonnier. Un métier rude, souvent méprisé par ceux des bourgs, mais indispensable aux forgerons, aux maréchaux-ferrants et aux petites fonderies du pays. Dans ces bois touffus, il trouvait une solitude familière, presque fraternelle : le craquement des branches, l’odeur de terre humide, le souffle régulier du vent lui tenaient lieu de compagnons. Arrivé à la clai...
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  Y, comme...  Y a aussi des bateliers sur la Vienne   Vers 1760, le petit village de Mazerolles, dans le marquisat de Lussac-les-Châteaux, vivait au rythme de la Vienne. Il s'y était développé au début du XVIIIe siècle, une acticité importante de batellerie. Chaque matin, on voyait dans le hameau du Pont, au bord de la rivière, s’affairer les hommes du port, silhouettes sombres avançant entre les gabarres tirées sur la grève. Parmi eux, Bernard Simonnet était l’un des plus respectés. Fils et petit-fils de gens d’eau, il avait appris la rivière en même temps qu'il avait appris à marcher. Sa voix grave résonnait, donnant les ordres, lançant les cordages, vérifiant la cargaison. À ses côtés travaillait son frère Joseph , plus jeune, solide, toujours prompt à grimper sur les bordages pour régler une voile ou pousser la bourde d’un coup sec, cette longue perche qui permet de corriger la direction du bateau. Ils avaient hérité leur gabarre de leur père Louis Simonnet ...
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  X comme... Xylologue du grec Xylos (le bois) et Logos (le discours, la science), le connaisseur du bois     Assurément, le menuisier du village de Chazais, dans la paroisse de Saint-Christophe-sur-Roc, était un xylologue averti, même s'il ne se serait sans doute pas reconnu dans ce terme si savant. Il avait appris à discerner au premier coup d'œil les essences, sur pied ou en planches, il en connaissait les caractéristiques, les usages, et savait en parler comme personne. En cette matinée d'hiver 1702, lorsque Charles Métayer poussa la porte de son vieil atelier de Saint-Christophe-sur-Roc, l’odeur du bois qui l’accueillit était celle d’un sanctuaire : un mélange discret de chêne fraîchement équarri, de châtaignier séché à point, et de noyer dont la senteur douce et profonde semblait emplir l’air comme un encens silencieux. Des pièces de bois qu'il possédait pour certaines depuis des années. Charles en effet était un menuisier très expérimenté. Il approc...
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  W comme... Wahou, quelle famille !!!   Aujourd'hui il ne sera point question de métier, je vais vous raconter une histoire de multiplication, qui n'est point restée dans les annales, mais qui méritait, vous allez en juger, de se perpétuer à la grande gloire de son auteur, fût-il simple laboureur. Il y eut jadis, dans la paroisse de Jazeneuil, un fort honnête homme nommé Jean Chargelègue, laboureur de la Pétinière, lequel, par une singulière faveur de la Providence, ou par un zèle domestique dont nul ne songea jamais à le détourner, peupla son logis comme d’autres peuplent des provinces entières. On rapporte qu’il contracta trois mariages, chose fort ordinaire en ces temps où l’on se mariait comme on respirait, mais il fit de chacun un emploi si fructueux qu’on doute que la Nature elle-même eût pu le suivre sans reprendre haleine. Ce bon Jean engendra dix-neuf enfants, nombre si prodigieux qu’il eût fallu convoquer le curé, le sacristain et le greffier du village, pou...