E comme... Ecuyer et Echevin


 

Notre ancêtre, François de Vieillechèze, portait le titre d'Ecuyer, il était aussi Conseiller du Roi, Seigneur de Laleu et des Essarts, Capitaine et Echevin de la ville de Saint-Maixent.

A l'époque médiévale, l'Ecuyer était un jeune noble en formation pour devenir plus tard Chevalier, et qui s'occupait de l'armement, du cheval et de l'équipement d'un chevalier, avant d'être lui-même adoubé chevalier.

Par la suite, le titre d'Ecuyer n'est plus un grade militaire, mais un titre nobiliaire, porté par une grande partie de la petite noblesse de Province. Il ne confère ni privilège particulier, ni fonction automatique, mais sert avant tout de marque sociale. Bref, François de Vieillechèze était quelqu'un d'important à Saint-Maixent.

Il l'était d'autant plus qu'il était aussi Echevin.

La ville de Saint-Maixent a bénéficié dès 1440, d'une charte communale, octroyée par le Roi Charles VII, pour la récompenser de sa fidélité à la Couronne de France pendant la Guerre de Cent ans, alors que bon nombre de villes de notre Centre Ouest avaient rallié la cause des Anglais.

Cette charte communale lui donnait donc une certaine autonomie dans la gestion de ses affaires, et elle avait ainsi obtenu le privilège de pouvoir se doter d'un conseil d'échevinage, ancêtre de nos conseils municipaux d'aujourd'hui.

François de Vieillechèze est né à Saint-Maixent autour de 1596. Il est le fils de Messire Pierre de Vieillechèze, Conseiller du Roi en l'élection de Saint-Maixent et maire de la ville à diverses reprises, et de son épouse Dame Gabrielle Bardon.

François est le troisième enfant d'une fratrie de huit. Avant lui sont nés Catherine et Jacques, après lui Jeanne, Michel, Florimonde, Gabrielle et enfin Marie. Toutes ces naissances entre 1592 et 1610, dans la paroisse Saint Saturnin de Saint-Maixent, sous le règne du bon roi Henri IV.

François, comme son père avant lui, siègera donc au conseil des échevins de la ville, lequel se réunissait dans l'ancien hôtel de ville de la rue de l'Audience, quand sonnait la cloche du beffroi au sommet de la Tour de l'Horloge, encore présente de nos jours dans la vieille ville.

C'était une époque où l'autorité municipale, héritée des privilèges accordés au Moyen Âge et confirmée par les rois, jouait un rôle essentiel dans l'organisation de la vie urbaine.

Être échevin à Saint-Maixent, ce n'était pas un titre de parade : c'était une responsabilité quotidienne, lourde d'obligations. Les échevins formaient, avec le maire, le corps de ville,  autorité municipale reconnue par la monarchie. Ils devaient veiller à l'entretien des rues, à la police des marchés, à la gestion des finances communales, mais aussi aux relations délicates entre la communauté et les puissants voisins : l'abbaye royale de Saint-Maixent, le gouverneur, le bailliage.

On imagine aisément François de Vieillechèze franchissant les portes de l'hôtel de ville, pour rejoindre la salle du conseil. Là, autour d'une longue table de bois, les échevins examinaient les comptes, discutaient des réparations nécessaires aux ponts, des chemins à remettre en état, ou encore des impôts à percevoir pour financer la milice bourgeoise. Leurs décisions étaient consignées avec soin dans les registres municipaux, ponctuées des signatures ou paraphes de chacun.

La fonction ne s'arrêtait pas aux affaires civiles. Dans une ville où l'autorité religieuse restait omniprésente, les échevins prenaient part aux processions, veillaient à la conservation des biens paroissiaux et assuraient le soutien matériel de l'église et des œuvres charitables. Ils représentaient la communauté dans les litiges, dans les négociations avec les seigneurs voisins et devant l'intendant du roi. Ainsi, François de Vieillechèze agissait autant comme un administrateur que comme un médiateur, chargé de préserver l'équilibre fragile entre les pouvoirs.

Cette charge donnait à celui qui la portait un statut reconnu. L'échevin était un homme honorable, choisi parmi les notables, respecté pour sa capacité à défendre les intérêts de la cité. Sa fonction témoignait d'un certain niveau social, mais exigeait également droiture, disponibilité et sens de la communauté. Pour une ville comme Saint-Maixent, encore marquée par son passé médiéval mais déjà tournée vers les réformes administratives du royaume, ces hommes représentaient la continuité et la stabilité.

Ainsi, à travers la figure de François de Vieillechèze, c'est tout un pan de la vie municipale du XVIIᵉ siècle qui se révèle : celui d'une ville gouvernée par des hommes du pays, engagés dans le service public avant l'heure, garants du bon ordre, de la justice locale et de la cohésion de la cité. Échevin de Saint-Maixent, il incarnait cette autorité discrète mais indispensable, qui assure la vie quotidienne bien plus sûrement que les ordonnances royales venues de Paris.

En 1619, il a alors 23 ans, il épouse dans l'église Saint Saturnin, Suzanne Brunet, 20 ans, dont le père David est lui aussi échevin de la ville, conseiller du Roi en l'élection de Saint-Maixent et lieutenant de la ville.

François de Vieillechèze et Suzanne Brunet auront ensemble neuf enfants entre 1624 et 1636 (nous descendons de la deuxième, Gabrielle, née en 1626, qui épousera plus tard Georges de Conty)

Suzanne décède le 17 septembre 1648 dans sa résidence des Essarts, dans la paroisse de Souvigné. Son corps sera alors ramené à Saint-Maixent, escorté par le curé de Souvigné, et sera accueilli à la Porte Charrault par les religieux de l'Abbaye, qui chantèrent et l'accompagnèrent en procession jusqu'au portail de l'église Saint Saturnin, où aura lieu la cérémonie d'obsèques. Suzanne avait 49 ans.

Au décès de Suzanne, François a 51 ans. Mais il ne se sent pas l'âme d'un veuf, alors il se remarie, avec Maixende Palustre, dont le père Bernard Palustre (1577-1637), avait été lui aussi de son vivant un illustre échevin de Saint-Maixent.

Maixende n'a alors que 23 ans, et fatalement François va donc avoir d'autres enfants. J'ai pu en identifier cinq entre 1650 et 1657.

François de Vieillechèze décède en 1675, à l'âge très avancé pour l'époque de 79 ans.



Héraldique des De Viellechèze : D'azur à trois barres d'or enflammées de gueule.

 



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